Journée mondiale de lutte contre le cancer

Communiqué de presse

Plus de 1 500 nouveaux cancers sont diagnostiqués chaque année en Martinique. Le cancer est la cause de près de 730 décès par an et concerne environ 18 000 personnes en cours de traitement ou bénéficiant d’un programme personnalisé de l’après cancer.

Le 4 février: une journée dédiée aux «cancers»  pour se remobiliser et agir

La Journée mondiale de lutte contre le cancer vise à promouvoir la recherche, prévenir le cancer, améliorer les services fournis aux patients, susciter une prise de conscience et faire des progrès face aux cancers. Elle est aussi l’occasion de rappeler chaque année l’importance de la mobilisation de ceux qui luttent chaque jour contre le cancer : les patients, leurs proches, les professionnels et acteurs de la santé et les chercheurs.

 

L’ARS, engagée pour l’amélioration de la prise en charge des cancers en Martinique

Plus de 730 000 euros sont consacrés chaque année par l’Agence régionale de santé de Martinique, pour l’amélioration de la prise en charge des cancers. En 2019 et 2020, en partenariat avec la Plateforme Régionale d’Oncologie de Martinique (PROM), l’ARS Martinique a mené de nombreuses actions qui visent à mieux accompagner les patients atteints de cancer.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les cancers, l’ARS précise les principales actions mises en œuvre en Martinique.

  1. La création d’une plateforme régionale d’appui et d’expertise

L’ARS Martinique s’appuie depuis 2016 sur la Plateforme Régionale d’Oncologie de Martinique (GIP PROM) pour la mise en œuvre de sa feuille de route régionale, mais également pour assurer l’animation et la coordination des acteurs et l’évaluation des pratiques en cancérologie.

Cette plateforme régionale a permis, sur la base d’un modèle innovant, de déployer, sur l’ensemble du territoire, une structure gestionnaire et promotrice des dispositifs transversaux des plans cancers successifs dont le réseau régional de cancérologie, le centre régional de coordination du dépistage des cancers, le centre de coordination en cancérologie, l’unité de concertation en Onco-gériatrie, et par expérimentation, une cellule de suivi des patients et des proches.

 

  1. L’importance du Dépistage

Détecter un cancer à un stade précoce augmente considérablement les chances de guérison. Cette détection repose sur le dépistage des cancers pour lesquels un test existe, et sur la sensibilisation des patients à certains signes d’alerte justifiant une consultation médicale.

Le niveau de recours à ces dépistages par la population reste encore trop faible et fera l’objet d’actions particulières en 2021, accompagnées d’actions de prévention, notamment par la promotion de la vaccination HPV, chez les jeunes garçons comme chez les jeunes filles, en prévention des cancers du col de l’utérus.

 

  1. L’accompagnement des patients et de leurs proches par les associations

De nombreuses associations viennent en aide aux patients atteints de cancer et à leurs proches, en les soutenant de diverses manières afin de permettre de mieux vivre avec la maladie.

Ainsi, le Comité Martinique de la ligue contre le cancer et les associations Ma tété, Amazones, Seingulière ou Atoumo, notamment, apportent écoute et soutien, depuis l’annonce jusqu’à l’après traitement. Ces associations interviennent lors de permanences régulières, d’évènements ponctuels ou à l’occasion de rencontres individuelles en consultation ou directement au sein des services d’hospitalisation.

Un espace de rencontre et d’information des patients est situé à l’Hôpital Clarac dans la Maison d’Accueil des Patients et des Proches.

 

  1. La mise en place d’un dispositif d’accompagnement social coordonné

L’accompagnement social est un véritable enjeu pour les usagers de soins et leurs proches. Ainsi, la socio-oncologie est un axe fort de la nouvelle stratégie de lutte contre le cancer. La Martinique est d’ailleurs à l’origine de sa conception et identifiée comme pilote de l’ingénierie de son déploiement sur le territoire national.

Cet accompagnement doit être mis en place dès la suspicion de cancer, au moment de l’annonce, et se prolonger au cours du traitement et dans le programme personnalisé de l’après-cancer. L’enjeu est de garantir un accompagnement multidimensionnel, prenant en compte les soins, les interfaces (prise en charge à domicile) et les effets de la maladie sur le quotidien.

 

  1. La diffusion d’une information claire, précise, fiable et accessible pour les patients et leur entourage

Dès l’annonce de la maladie, le patient doit pouvoir bénéficier d’une information lui permettant de répondre à ses questions sur la maladie et d’appréhender la suite de sa prise en charge. Le référentiel de ce dispositif d’annonce a été revu au cours de l’année 2020 afin d’aider les professionnels à proposer un meilleur accompagnement aux patients et renforcer la coordination entre les différents professionnels.

En appui du dispositif d’annonce, l’ARS Martinique et ses partenaires dans la lutte contre le cancer, ont lancé fin 2020 le projet de diffusion d’un livret à destination des personnes atteintes de cancer (hommes et femmes) comprenant notamment :

 

  • Des contacts utiles et des informations sur l’accès aux droits et aux aides financières et/ou matérielles proposées ;
  • Un recensement des soins supports proposés sur les territoires, par activités ou par organismes, en mentionnant le type de soin proposé (activité physique adaptée, etc.) et les coordonnées des structures ;
  • Une liste des offres d’hébergement pour les personnes atteintes de cancer.
  1. Les investissements dans les établissements de santé

L’un des objectifs du Schéma Régional de Santé vise l’installation d’équipements structurants afin d’assurer la mise à niveau des activités de soins spécialisées et permettre d’offrir des soins techniques spécialisées de qualité à la population martiniquaise. Dans ce cadre, il convient de saluer:

 

  • L’acquisition d’un robot chirurgical au CHU de Martinique, opérationnel depuis novembre 2020, utilisé dans un premier temps pour des interventions, notamment pour la cancérologie, en urologie, gynécologie et viscéral ;
  • Le projet de mise en place d’un Tep Scan / Cylcotron fait l’objet quant à lui l’objet d’un pilotage conjoint de l’ARS, la CTM, l’Assurance Maladie et le CHU de Martinique. Il devra permettre de détecter les cellules cancéreuses avec précision et plus rapidement pour une amélioration de la prise en charge des patients qui, à l’heure actuelle, doivent réaliser ce type d’examen en Métropole ou, pour partie, en Guadeloupe.
  1. Les travaux en cours sur les filières spécifiques

Les réflexions régionales avec les professionnels de santé et les associations ont permis des avancées sur des filières régionales spécifiques en cancérologie, notamment dans les domaines suivants :

  • S’agissant de l’onco-pédiatrie, un réseau régional d’onco-pédiatrie a été intégré au sein du GIP PROM en fin d’année 2020 et doit permettre d’aboutir en 2021 à la formalisation des relations avec l’OIR (organisation interrégionale d’once-pédiatrie) d’Ile de France. Ce projet à une visée inter-régionale, avec la Guadeloupe et la Guyane, et internationale dans le cadre d’un projet de coopération en cours de finalisation ;
  • S’agissant des réflexions autour de l’onco-sexualité et de l’onco-fertilité, le projet ONCO-FEMME s’axe quant à lui sur l’accompagnement des femmes atteintes de cancer dans le cadre d’un véritable parcours de vie prenant en compte les phases d’avant, pendant et d’après une grossesse éventuelle ;
  • Un réseau régional d’onco-hématologie est lui aussi intégré à la PROM pour tout ce qui concerne les cancers de type myélome et leucémie
  1. Les projets de recherche en cancérologie

La recherche sur les cancers vise à mieux comprendre les mécanismes de la maladie, à la prévenir si c’est possible, à la dépister au plus tôt et à mieux la soigner. L’objectif est d’accélérer le développement des traitements et des moyens de prévention et de diagnostic du cancer. Dans ce cadre le Registre des Cancers de la Martinique dirige des projets de recherche notamment :

  • Une évaluation de la qualité de vie globale et sexuelle de patients atteints de cancer de la prostate à 1 an, 3 ans et 5 ans après le diagnostic ;
  • Une étude des cancers du sein chez la femme jeune afin de :
  • Confirmer ou infirmer la poursuite de l’augmentation de l’incidence du cancer du sein chez la femme jeune ;
  • Décrire les cancers du sein incidents chez la femme de façon détaillée (modalités diagnostiques et thérapeutiques) ;
  • Décrire l’évolution des caractéristiques histo-pronostiques de ce cancer selon l’âge ;
  • Une étude des délais de prise en charge des patients atteints de cancer (sein, prostate).

La stratégie décennale cancer : une ambition nationale qui trouvera sa déclinaison régionale

Le Président de la République a annoncé ce jour la stratégie nationale cancer pour les dix années à venir. Cette dernière succède aux trois précédents Plans cancer et oriente ses 236 mesures autour de 3 axes :

  • L’amélioration la prévention pour réduire le nombre de cancer évitable ;
  • Limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie des personnes ;
  • Lutter contre les cancers de mauvais pronostic.

Au total, sur les 5 prochaines années, ce seront 1, 740 Milliards d’€ qui seront mobilisés au niveau national, dont 50% réservés à la recherche. La feuille de route nationale devra faire l’objet d’une déclinaison régionale pour un lancement rapide des premières actions. Ainsi, un tiers des actions devront être lancées en 2021 et 60% entre 2021 et 2022.