Martinique

RETEX ZIKA

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retour RETEX ZIKA
L’épidémie de zika en Martinique retour d’expérience : l'heure du bilan
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L'ARS Martinique a organisé son RETEX sur l'épidémie de  ZIKA .Cette rencontre a pour objectif de vérifier la préparation du système de santé en phase épidémique, le bon niveau de la réponse sanitaire, et l’implication des acteurs dans la gestion de l’épidémie.

L’épidémie est maintenant terminée mais le virus est toujours présent. Il est important aujourd’hui de tirer des enseignements de la gestion de cet évènement de santé de grave ampleur par les professionnels de santé, les services de l’état, les collectivités locales et les structures associatives qui, par leurs actions, ont permis d’apporter une réponse rapide et efficace.

La rencontre RETEX a permis donc d’échanger sur :

• Le pilotage et la coordination : gestion des actions des différents acteurs et mise
en commun de leurs compétences
• La prévention
• La surveillance (surveillance épidémiologique, des modalités d’évaluation de l’impact
sanitaire…)
• La prise en charge des patients
• La lutte anti-vectorielle
• L’environnement (déchets les plus problématiques, les lieux à protéger en priorité...)
• La communication

RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017
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RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017
RETEX ZIKA Juin 2017

Contrairement aux arboviroses telles que la dengue et le chikungunya, l’infection par le virus
du Zika peut entraîner des complications neurologiques graves comme des syndromes de Guillain-
Barré et des malformations congénitales cérébrales.

En 2016, la Martinique a connu une épidémie de Zika de grande ampleur qui a duré 34 semaines
et s’est terminée en octobre 2016. Durant cette période, 36 100 personnes ont été touchées dont 787 femmes enceintes détectées (depuis l’émergence du Zika jusqu’en semaine S-2017- 22) 29 cas de complications congénitales ont également été détectées.

Lors du pic épidémique entre le 30 mai et le 5 juin, ce ne sont pas moins de 1 140 cas hebdomadaires
qui ont été recensés.
 

Coordination et pilotage

La gestion de la circulation de l’arbovirus a d’abord été pilotée par le Directeur général de

l’ARS puis, une fois l’épidémie déclarée, c’est le préfet qui a pris le relais soutenu par une cellule de gestion regroupant tous les partenaires pouvant intervenir dans la lutte.

Pour gérer l’épidémie, les autorités compétentes ont eu recours au PSAGE (Programme de

Surveillance, d’Alerte et de Gestion), généralement mis en oeuvre pour gérer les épidémies d’arboviroses (dengue, chikungunya).

Ce programme a été mis en place dès les premiers cas de Zika et a permis de suivre et gérerles formes classiques du virus.

Durant la phase épidémique, la mobilisation a été très importante avec :

• 35 réunions de la cellule de gestion en préfecture sous l’autorité du Préfet entre le

20 janvier et le 13 octobre 2016 ;

• 40 réunions de la cellule régionale d’Appui et de Pilotage Sanitaire (CRAPS) de l’ARS ;

• Plus de 60 agents mobilisés au quotidien ;

• 40 volontaires du Service Civique mobilisés

• 13 institutions ou corps de métiers intervenus dans la gestion.

La surveillance

Partie intégrante du PSAGE, la surveillance est le résultat d’actions conjointes de la CIRE2 et  du CEDRE-LAV3 qui permettent de suivre l’ampleur de l’épidémie. Cette surveillance est basée principalement sur :

• Des enquêtes entomo-épidémiologiques autour des cas de Zika signalés par la plate-forme de veille et de sécurité sanitaire de l’ARS. Ces enquêtes sont effectuées chez le cas signalé et dans les 10 maisons voisines pour éviter la propagation de la maladie.

• Les relevés entomologiques qui permettent d’évaluer le niveau d’infestation en Aedes

Aegypti d’une localité ou d’un cimetière.

• La collecte et l’analyse des données des médecins sentinelles4 et des laboratoires.

• La surveillance des établissements sensibles recevant les personnes vulnérables : petite enfance, enfants, personnes âgées. Au total ce sont 284 établissements qui ont été visités.

• L’activité en insectarium et en laboratoire qui permet d’abord d’élever des souches de moustiques prélevées sur le terrain puis de tester leur sensibilité aux insecticides. En 2016, ce sont 35 biotests larvaires et 50 tests en tube qui ont été réalisés.

Une gestion spécifique du zika

Chaque épidémie revêt une spécificité et le ZIKA n’échappe pas cette règle. En effet, cette nouvelle arbovirose a conduit à repenser les modalités de surveillance et de gestion de la maladie.

Les autorités sanitaires ont ainsi recouru à des actions et outils adaptés à la situation :

• La préparation et le renforcement de la réponse sanitaire par l’ARS, en lien avec le

CHUM

• L’augmentation de la capacité du service réanimation avec une mobilisation des moyens nationaux et des moyens internes au CHU Martinique : plus de matériels (respirateurs), de personnel (renfort de la réserve sanitaire), etc. Cette mesure a été prise en prévision du risque de survenue de sévères complications nécessitant parfois une longue hospitalisation.

• La création d’un comité de pilotage (COPIL) pour le suivi des femmes enceintes.

Cela afin de prendre en compte des complications pouvant apparaître au cours de la grossesse.

Ce comité comprend les partenaires de la veille sanitaire pour la surveillance et la gestion des arboviroses (médecins généralistes, infectiologues, biologistes, épidémiologistes, etc.), des praticiens spécialistes (gynécologues, échographistes et pédiatres) et des sages-femmes. Dans le cadre de ce COPIL, il a d’ailleurs été décidé de doubler le nombre d’échographies au cours de la grossesse.

• L’extension de la compétence du COPIL au suivi des nourrissons, très compliqué du fait de la durée des examens et de la baisse de la démographie médicale. Une réflexion a d’ailleurs été menée afin que les consultations nécessaires puissent être faites dans de bonnes conditions dans le secteur public, la PMI et le secteur libéral.

La Lutte Anti-Vectorielle

La lutte anti-vectorielle représente la phase opérationnelle de la gestion de l’épidémie.

En 2016, elle s’est concrétisée par les actions suivantes :

• Des enquêtes demandées par des administrés et donnant lieu à des investigations dans et autour des habitations ou établissements afin de réduire la nuisance essentiellement par suppression des gîtes larvaires. En 2016, 873 enquêtes ont pu être réalisées et 15 891 maisons visitées.

• La prospection et le suivi des gîtes majeurs (les espaces naturels comme les mangroves ou les plaines inondables ou des installations spécifiques comme les stations d’épuration par exemple). Ces lieux sont régulièrement surveillés afin de contrôler les larves qui y naissent pour empêcher le passage à l’état adulte. Durant l’année 2016, ce ne sont pas moins de 145 gîtes majeures qui ont été suivis.

• Les pulvérisations spatiales autoportées qui sont réalisées à l’aide de générateurs de brouillard insecticide.

• La tenue d’ateliers de démoustication à destination des communes avec le relais des référents municipaux pour informer sur le Zika et communiquer les gestes à adopter pour éliminer les gîtes larvaires.

• Le soutien des opérations contribuant à l’hygiène de l’environnement, notamment par la gestion des déchets encombrants et des VHU, identifiés comme des gîtes à moustiques, en lien avec la CACEM, l’Espace Sud et Cap Nord.

La communication vers la population et les professionnels

Avec un budget de 200 000 euros financés par l’ARS et la CTM, les actions de communication ont contribué à sensibiliser et informer rapidement les populations.

Plusieurs actions ont été menées dont 22 animations en milieu scolaire avec 1496 participants,

5 réunions dans les quartiers, 18 stands d’informations, la diffusion de 50 communiqués de presse sur l’épidémie du Zika. Des opérations de communication de grande ampleur ont également été mises en place à l’attention du grand public :

• La semaine contre le Zika – DEZIKAJ (20 au 27 février 2016)

• La journée contre le moustique (9 juin 2016)

• Le stand « pa kité Zika Ziké nou » au Tour des yoles : (31 juillet au 7 août 2016)

• La participation à l’opération « Grandes Vacances au musée » (Août 2016)

• L’Opération toussaint – 19ème édition (31 octobre et 1er novembre 2016)

Toutes ces opérations avaient pour but de favoriser la mobilisation des martiniquais en les invitant notamment à adopter les gestes de prévention.

 

Une vigilance toujours de mise

Même si la phase épidémique est passée, la mobilisation contre le Zika ne doit pas s’arrêter. En effet, la fin de l’épidémie ne signifie pas qu’il n’y a plus de circulation du virus.

La vigilance est donc nécessaire notamment pour les personnes à risques comme les femmes enceintes. De plus, les impacts de l’épidémie de Zika qui se feront sentir encore longtemps se doivent d’être observés par les autorités et professionnels compétents.

De manière générale et par mesure de sureté, les autorités sanitaires recommandent de maintenir les mesures de protection contre les piqûres de moustique.

Pour faire face à d’éventuelles nouvelles situations épidémiques, l’ARS et la CTM prévoient notamment:

• Le maintien des ateliers démoustications en donnant à la collaboration avec les communes un cadre plus officiel afin de la pérenniser.

• Des actions d’information et de prévention à l’attention du grand public.

Aller plus loin

A SAVOIR !

Arboviroses > affections d’origine virale causées par des arbovirus, qui sont des virus
transmis par des moustiques, des tiques, ou autres suceurs de sang.

CIRE > Cellule d’intervention en région qui apporte son expertise scientifique dans la
veille, la surveillance et l’alerte sanitaire.

CEDRE/LAV > Centre de démoustication et de recherches entomologiques – Lutte
antivectorielle

Médecin sentinelle > médecin qui a pour rôle de transmettre chaque semaine le
nombre de cas de pathologies diagnostiquées au cours de leurs consultations.