Chaque année, le mois de janvier est l’occasion de s’interroger sur ses habitudes de consommation d’alcool. En Martinique, où l’alcool occupe une place culturelle importante, ce temps de sensibilisation revêt un enjeu majeur de santé publique. À travers l’opération Dry January (ou « défi de janvier »), l’Agence régionale de santé (ARS) Martinique, en lien avec ses partenaires, encourage la population à faire une pause dans sa consommation afin de mieux mesurer ses effets sur la santé physique et mentale.
L’alcool : un enjeu de santé publique en Martinique
La consommation d’alcool concerne toutes les générations. En Martinique, elle touche de plus en plus les jeunes, avec un recours important aux alcools forts. En 2024, la consommation moyenne d’alcool pur est estimée à 9,75 litres par an chez les personnes de plus de 15 ans, un niveau préoccupant au regard des conséquences sanitaires observées localement.
Les impacts sont nombreux : accidents de la route, pathologies chroniques (cirrhoses, cancers), troubles de santé mentale, mais aussi conséquences sociales et familiales. La part de l’alcool dans les accidents mortels routiers demeure particulièrement élevée, soulignant l’urgence d’agir collectivement.
Le Dry January : un temps pour réfléchir et changer
Lancée en France en 2019 par France Addiction et le ministère chargé de la Santé, l’initiative Dry January propose de réduire ou d’arrêter sa consommation d’alcool pendant un mois. L’objectif n’est pas la performance, mais la prise de conscience : observer les bénéfices sur le sommeil, l’énergie, le bien‑être, et interroger sa relation à l’alcool.
Même une diminution de la consommation constitue un premier pas positif. Ce défi permet souvent d’amorcer des changements durables et de faciliter, si besoin, l’accès à un accompagnement personnalisé.
Le CMPAA : un acteur essentiel de prévention et d’accompagnement
En Martinique, le Comité Martiniquais de Prévention en Alcoologie et Addictologie (CMPAA) joue un rôle central dans la lutte contre les addictions. Créé en 1974, il mène des actions de prévention sur le territoire et propose, depuis 2019, un Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).
Financées par l’ARS Martinique et l’Assurance maladie, ces prises en charge sont gratuites et ouvertes à tous, de 11 à 80 ans. Une équipe pluridisciplinaire accompagne les personnes, qu’elles soient orientées par un professionnel ou qu’elles fassent la démarche elles-mêmes. Des ateliers thérapeutiques et des actions « d’aller vers » complètent le dispositif pour favoriser l’accès aux soins et la réduction des risques.
Un engagement collectif pour une Martinique en meilleure santé
À travers le soutien à des actions comme le Dry January, l’ARS Martinique réaffirme son engagement en faveur de la prévention des addictions et de l’amélioration de la santé de tous. Chacun, à son rythme, peut s’emparer de ce mois de janvier pour faire le point, se faire accompagner si nécessaire et adopter des habitudes plus favorables à sa santé.
