Recherche de pesticides au robinet : les résultats

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En mai 2019, l’Agence Régionale de Santé Martinique a lancé une étude de recherche de pesticides directement au robinet des particuliers, restaurateurs, mairies afin de vérifier une éventuelle dégradation de la qualité de l’eau vis-à-vis des pesticides dans le réseau de distribution, c’est-à-dire entre la station de traitement et le robinet de l’usager.
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La règlementation sanitaire, issue des directives européennes et des préconisations de l’Organisation Mondiale de la Santé, ne prévoit pas la recherche de molécules phytosanitaires au niveau du robinet du consommateur. En effet, celle-ci considère que la qualité de l’eau après traitement ne diffère pas de celle de l’eau distribuée au robinet.

Toutefois, en mai 2019, l’Agence Régionale de Santé Martinique a lancé une étude de recherche de pesticide directement au robinet des particuliers, restaurateurs, mairies… afin de vérifier une éventuelle dégradation de la qualité de l’eau vis-à-vis des pesticides dans le réseau de distribution, c’est-à-dire entre la station de traitement et le robinet de l’usager.

Sur quels pesticides ont porté les recherches ?

L’analyse des prélèvements a porté sur l’ensemble des molécules phytosanitaires, soit 435 pesticides.

Où ont été effectués les prélèvements ?

Ce programme de recherches de pesticide a porté sur l’ensemble des communes et les prélèvements ont
été réalisés directement au robinet de l’usager sur les points représentatifs de la qualité de l’eau distribuée : un point de surveillance par commune et par filière de distribution soit 64 points de surveillance
au total.

Quand les prélèvements ont-ils été réalisés ?

La campagne de prélèvements s’est déroulée de juin à décembre 2019.

Par qui les prélèvements et les analyses ont-ils été faits ?

Les prélèvements ont été réalisés par les agents du Laboratoire Territorial d’Analyses (LTA). Les échantillons ont ensuite été conditionnés et expédiés par le LTA vers le Laboratoire Départemental d’Analyses de la Drôme (LDA 26) à Valence où ils ont été analysés.Ces deux laboratoires sont agréés par le Ministère des solidarités et de la santé pour les prélèvements et analyses des eaux destinées à la consommation humaine.

Les échantillons ont été analysés et quantifiés par les meilleures techniques analytiques disponibles permettant
d’identifier et/ou de quantifier précisément de nombreuses substances présentes en très petites
quantités, voire à l’état de traces.

62 points ont effectivement fait l’objet de prélèvements et l’intégralité des échantillons d’eau
prélevés a fait l’objet d’une recherche de 435 pesticides.

Les résultats montrent qu’aucun dépassement des normes règlementaires fixées (0.1 microgramme
par litre) pour les pesticides n’est relevé. Ainsi, la qualité de l’eau mesurée au robinet est conforme
à l’ensemble des normes pour 100% des échantillons analysés.

Pour aller plus en détails

Sur les 62 échantillons analysés :

  •  57 échantillons d’eau soit 92% n’ont présenté aucune molécule phytosanitaire
  • 5 échantillons (8%) ont présenté des traces en très faibles concentrations de 2 pesticides : la chlordécone,et le monuron et une molécule de la famille des hydrocarbures : l’anthraquinone.

Les 5 points de surveillance concernés ont fait l’objet de prélèvements de contrôle en octobre et décembre 2019 avec une nouvelle recherche de l’ensemble des molécules phytosanitaires.

Lors de ces analyses de confirmation :

  •  4 échantillons n’ont présenté aucune molécule de pesticide ;
  • 1 a révélé la présence de traces en faible concentration de glyphosate ;
  • 1 a révélé la présence de traces en faible concentration d’anthraquinone (famille des hydrocarbures).

Les résultats des prélèvements de contrôle montrent que la présence des molécules détectées est ponctuelle. 

 

La présence ponctuelle de traces de chlordécone, en très faible concentration s’explique par la provenance
de l’eau brute utilisée (station de Vivé) ainsi que les mélanges d’eau opérés sur le réseau.

L’origine de la présence ponctuelle de glyphosate et monuron en très faibles concentrations reste indéterminée.L’hypothèse de phénomènes d’absorption sur le biofilm des canalisations suivie d’un relargage
dans l’eau distribuée n’est pas confirmée.

Pour l’anthraquinone, sa présence peut être due aux matériaux utilisés pour le réseau de distribution pour son
étanchéité. 

Les résultats obtenus dans le cadre de cette étude exploratoire de recherche de molécules phytosanitaires dans le réseau de distribution, jusqu’au robinet des consommateurs, sont comparables aux résultats obtenus dans le cadre du contrôle sanitaire de l’eau destinée à la consommation humaine mené en routine sur les stations de traitement de l’eau.

Ces résultats confirment ainsi que les points de surveillance situés en sortie de station sont adaptés pour suivre l’efficacité du traitement ainsi que la qualité de l’eau distribuée aux usagers. Par ailleurs, lors de cette campagne exploratoire, aucune dégradation de la qualité de l’eau dans les canalisations n’est observée de la station de traitement de l’eau au robinet du consommateur.

L’Agence Régionale de Santé Martinique poursuivra ses campagnes de contrôle en 2020.

Une enquête sera conduite, avec les partenaires concernés, afin de déterminer l’origine de la présence ponctuelle de traces de monuron et de glyphosate.

Enfin, un travail avec les exploitants d’eau est engagé pour disposer d’un diagnostic sur les matériaux en contact avec l’eau.