Un contexte sanitaire exigeant qui impose une action coordonnée
La Martinique reste fortement exposée aux arboviroses (dengue, chikungunya, Zika), transmises par le moustique Aedes aegypti. Les conditions climatiques, environnementales et la dynamique des mobilités régionales contribuent à une circulation régulière de ces virus.
Au cours des seize dernières années, le territoire a connu une épidémie tous les deux à trois ans, confirmant la nécessité d’une stratégie durable, coordonnée et innovante.
La surveillance épidémiologique, la lutte antivectorielle, la mobilisation du système de soins et l’information de la population constituent les piliers d’une réponse efficace, nécessitant une coordination permanente entre l’État, l’ARS, les collectivités, les professionnels de santé et les opérateurs spécialisés.
Dans une Caraïbe marquée par une circulation active des virus, la Martinique reste également exposée au risque d’introduction de nouveaux arbovirus ou de réémergence de virus connus, renforçant l’importance d’une préparation collective renforcée.
Un temps fort de co‑construction territoriale
Conduit conjointement par l’ARS, la Préfecture, le CHU de Martinique, Santé publique France et les EPCI et communes, le PILA s’inscrit dans une dynamique de coopération institutionnelle ambitieuse. Le séminaire vise à :
clarifier les rôles et responsabilités de chacun,
intégrer les évolutions récentes des connaissances scientifiques, notamment autour du concept « One Health » et du changement climatique,
garantir la faisabilité opérationnelle des mesures proposées,
et partager une vision commune du pilotage territorial de la lutte contre les arboviroses.
En amont, une première phase de consultation institutionnelle a permis de préciser les mécanismes de surveillance interrégionale et d’actualiser les niveaux épidémiologiques.
Un plan moderne, évolutif et partagé
Fruit d’un travail partenarial mené depuis plus d’un an, le PILA a pour ambition de répondre aux évolutions réglementaires et aux nouveaux défis sanitaires du territoire. Conformément au décret n°2019‑258, qui redéfinit la gouvernance de la lutte antivectorielle, le PILA modernise et remplace le dispositif PSAGE dengue, aujourd’hui arrivé à ses limites.
Construit avec l’ensemble des acteurs institutionnels, scientifiques et opérationnels, ce nouveau cadre stratégique propose une réponse concertée, coordonnée et graduée face au risque d’épidémie ou à l’émergence de nouveaux vecteurs, dans un cadre intégré articulé avec le dispositif ORSEC. Les travaux menés ont permis de croiser les expertises, d’identifier les enjeux prioritaires et de finaliser une première version opérationnelle du plan, aujourd’hui en phase de finalisation, déclinée en quatre axes.
Pensé comme un document vivant, il sera régulièrement actualisé pour intégrer les avancées sanitaires, scientifiques et environnementales.
Quatre axes stratégiques au cœur du plan
Axe 1 : Surveillance épidémiologique
Optimiser la détection précoce des virus, accélérer la transmission des résultats biologiques, renforcer la veille hospitalière, déployer des outils prédictifs et développer la recherche en épidémiologie.
Axe 2 : Prise en charge des cas d’arboviroses
Fluidifier les parcours de soins, renforcer les protocoles partagés entre professionnels de santé, anticiper les tensions du système de soins et améliorer la coordination ville–hôpital.
Axe 3 : Lutte antivectorielle
Clarifier les responsabilités entre ARS, préfet, communes et opérateurs, améliorer les indicateurs entomologiques, réduire l’usage des biocides en raison des résistances, intégrer le volet LAV dans les PCS et encourager les innovations.
Axe 4 : Communication, prévention et mobilisation sociale
Structurer une stratégie de communication graduée, renforcer les actions communautaires, intégrer les sciences sociales pour mieux comprendre les comportements, développer la vaccination et soutenir des projets innovants de mobilisation sociale.
L’ARS Martinique appelle l’ensemble des partenaires institutionnels, scientifiques, territoriaux et communautaires à poursuivre cette mobilisation collective, afin de renforcer ensemble notre capacité à prévenir, anticiper et répondre efficacement aux arboviroses pour protéger durablement la population martiniquaise.
