Urbanisme et santé

Article

L’aménagement du territoire en Martinique façonne les modes de vie collectifs et individuels et structure les facteurs environnementaux, qui constituent des déterminants essentiels de la santé. Afin de mobiliser ce levier au service de la santé des Martiniquais, l’ARS s’inscrit dans une démarche de promotion de la santé intégrée aux politiques publiques et aux projets d’aménagement du territoire.

L’urbanisme favorable à la santé (UFS) s’inscrit au croisement de nombreuses politiques publiques – santé, environnement, social, mobilités, activité physique, cadre de vie – dans une approche globale centrée sur les déterminants de la santé et du bien-être.

Son ambition est d’agir en amont en transformant les espaces de vie pour qu’ils contribuent positivement à la santé des populations, et non uniquement à la prise en charge des maladies. À ce titre, les choix d’aménagement et de planification visent à promouvoir durablement la qualité de vie et le bien-être de tous.

Cette démarche vise notamment à :

  • Réduire l’exposition aux facteurs de risque, tels que les pollutions, les nuisances, le stress urbain ou l’isolement social ;

  • Renforcer les facteurs de protection, en favorisant des environnements propices à la santé, avec des co-bénéfices en matière de santé-environnement et d’adaptation au changement climatique (mobilités actives, accès aux soins et aux services, présence d’espaces verts, etc.).

Quelques actions concrètes

La mise en œuvre de l’UFS repose sur plusieurs leviers complémentaires :

  • Favoriser les mobilités actives : Encourager la marche et le vélo à travers des aménagements adaptés :

    • pistes cyclables sécurisées

    • trottoirs larges et accessibles

    • organisation de territoires de proximité (type « ville du quart d’heure »)

  • Développer et valoriser les espaces verts

    • création de parcs accessibles et d’espaces de détente

    • végétalisation pour limiter les îlots de chaleur et améliorer le cadre de vie

  • Limiter les nuisances environnementales

    • réduction du trafic automobile et amélioration de la qualité de l’air

    • diminution des nuisances sonores

  • Promouvoir la mixité urbaine

    • proximité entre logements, commerces et services

    • réduction des déplacements contraints et des temps de trajet

Une démarche collective et intégrée

L’UFS repose sur la coordination de nombreux acteurs (collectivités, services de l’État, professionnels de santé, urbanistes, habitants, etc.) et sur l’articulation de différentes politiques publiques à toutes les échelles du territoire.

Cette approche est largement encouragée à l’échelle internationale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) promeut notamment les programmes « Villes-Santé », qui incitent à intégrer la santé dans l’ensemble des politiques urbaines, ainsi que l’approche « One Health » (Une seule santé), fondée sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes.

 

One Health (« Une seule santé »)

L’approche « One Health » (« Une seule santé ») repose sur l’idée que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes (air, eau, sols, biodiversité) sont étroitement liées et interdépendantes. Elles constituent un seul et même système vivant : lorsqu’un équilibre est rompu dans l’un de ces compartiments, les autres en sont également affectés.

Dans ce cadre, la prévention et la gestion des risques sanitaires nécessitent une approche globale et coordonnée, intégrant simultanément les dimensions humaine, animale et environnementale.

L’objectif consiste notamment à : 

  • prévenir les pandémies ;

  • réduire les risques environnementaux ;

  • améliorer la santé globale des populations ;

  • agir en amont plutôt que réparer après coup.


 

Villes-Santé

Le réseau « Villes-Santé » vise à améliorer durablement la santé, le bien-être et l’équité au sein des territoires urbains, en agissant sur les déterminants sociaux, économiques et environnementaux de la santé. Il repose sur une approche intersectorielle intégrant la santé dans l’ensemble des politiques publiques : urbanisme, transport, logement, environnement, éducation ou encore emploi.

Principes clés

  • Participation citoyenne : implication des habitants dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des actions ;

  • Équité : réduction des inégalités de santé entre territoires et entre populations ;

  • Approche fondée sur les données : priorisation des actions à partir d’indicateurs locaux ;

  • Durabilité : mise en place de solutions respectueuses de l’environnement et viables dans le temps.

Exemples d’actions

  • Aménagement d’espaces publics favorables à la santé (parcs, mobilités actives, sécurité des déplacements) ;

  • Promotion d’un habitat sain et amélioration de l’accès aux services essentiels ;

  • Soutien à l’activité physique et à une alimentation équilibrée ;

  • Lutte contre les pollutions et adaptation au changement climatique ;

  • Renforcement de la prévention et des actions de santé de proximité.

Mise en œuvre

La démarche s’appuie sur cinq étapes clés :

  1. Diagnostic territorial et identification des inégalités ;

  2. Mobilisation des acteurs et partenariats intersectoriels ;

  3. Co-construction d’un plan d’action avec des objectifs mesurables ;

  4. Pilotage, suivi des indicateurs et communication ;

  5. Évaluation continue et adaptation des actions.

 

L’Évaluation d’Impact sur la Santé (EIS) est une démarche structurée qui permet d’anticiper et d’analyser les effets potentiels d’un projet, d’une politique ou d’un programme sur la santé des populations. Elle prend en compte l’ensemble des déterminants de santé, qu’ils soient sociaux, économiques ou environnementaux.

Objectifs

L’EIS vise à :

  • Identifier les impacts potentiels sur la santé, qu’ils soient positifs ou négatifs ;

  • Formuler des recommandations opérationnelles pour renforcer les effets bénéfiques et limiter les risques identifiés ;

  • Éclairer la décision publique, en intégrant les enjeux de santé dans les politiques et en contribuant à réduire les inégalités sociales de santé.

Principes de mise en œuvre

La démarche repose sur plusieurs principes fondamentaux :

  • L’intersectorialité, qui consiste à intégrer la santé dans l’ensemble des politiques publiques ;

  • La participation, en associant les acteurs concernés ainsi que les populations impactées ;

  • La proportionnalité, avec une analyse adaptée à l’ampleur et aux enjeux du projet ;

  • La transparence et l’appui sur des données probantes, garantissant la qualité et la crédibilité des résultats.

L’ARS vous invite à participer au séminaire dédié à l’Évaluation d’Impact sur la Santé (EIS), le 29 juin 2026 à partir de 8h30 à l’IMS.
Cet événement sera l’occasion de mieux comprendre les enjeux de l’EIS, de partager des retours d’expérience et d’échanger entre acteurs autour de l’intégration de la santé dans les projets et politiques publiques.
 
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