L’urbanisme favorable à la santé (UFS) s’inscrit au croisement de nombreuses politiques publiques – santé, environnement, social, mobilités, activité physique, cadre de vie – dans une approche globale centrée sur les déterminants de la santé et du bien-être.
Son ambition est d’agir en amont en transformant les espaces de vie pour qu’ils contribuent positivement à la santé des populations, et non uniquement à la prise en charge des maladies. À ce titre, les choix d’aménagement et de planification visent à promouvoir durablement la qualité de vie et le bien-être de tous.
Cette démarche vise notamment à :
Réduire l’exposition aux facteurs de risque, tels que les pollutions, les nuisances, le stress urbain ou l’isolement social ;
Renforcer les facteurs de protection, en favorisant des environnements propices à la santé, avec des co-bénéfices en matière de santé-environnement et d’adaptation au changement climatique (mobilités actives, accès aux soins et aux services, présence d’espaces verts, etc.).
Quelques actions concrètes
La mise en œuvre de l’UFS repose sur plusieurs leviers complémentaires :
Favoriser les mobilités actives : Encourager la marche et le vélo à travers des aménagements adaptés :
pistes cyclables sécurisées
trottoirs larges et accessibles
organisation de territoires de proximité (type « ville du quart d’heure »)
Développer et valoriser les espaces verts
création de parcs accessibles et d’espaces de détente
végétalisation pour limiter les îlots de chaleur et améliorer le cadre de vie
Limiter les nuisances environnementales
réduction du trafic automobile et amélioration de la qualité de l’air
diminution des nuisances sonores
Promouvoir la mixité urbaine
proximité entre logements, commerces et services
réduction des déplacements contraints et des temps de trajet
Une démarche collective et intégrée
L’UFS repose sur la coordination de nombreux acteurs (collectivités, services de l’État, professionnels de santé, urbanistes, habitants, etc.) et sur l’articulation de différentes politiques publiques à toutes les échelles du territoire.
Cette approche est largement encouragée à l’échelle internationale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) promeut notamment les programmes « Villes-Santé », qui incitent à intégrer la santé dans l’ensemble des politiques urbaines, ainsi que l’approche « One Health » (Une seule santé), fondée sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes.
One Health (« Une seule santé »)
L’approche « One Health » (« Une seule santé ») repose sur l’idée que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes (air, eau, sols, biodiversité) sont étroitement liées et interdépendantes. Elles constituent un seul et même système vivant : lorsqu’un équilibre est rompu dans l’un de ces compartiments, les autres en sont également affectés.
Dans ce cadre, la prévention et la gestion des risques sanitaires nécessitent une approche globale et coordonnée, intégrant simultanément les dimensions humaine, animale et environnementale.
L’objectif consiste notamment à :
prévenir les pandémies ;
réduire les risques environnementaux ;
améliorer la santé globale des populations ;
agir en amont plutôt que réparer après coup.
Villes-Santé
Le réseau « Villes-Santé » vise à améliorer durablement la santé, le bien-être et l’équité au sein des territoires urbains, en agissant sur les déterminants sociaux, économiques et environnementaux de la santé. Il repose sur une approche intersectorielle intégrant la santé dans l’ensemble des politiques publiques : urbanisme, transport, logement, environnement, éducation ou encore emploi.
Principes clés
Participation citoyenne : implication des habitants dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des actions ;
Équité : réduction des inégalités de santé entre territoires et entre populations ;
Approche fondée sur les données : priorisation des actions à partir d’indicateurs locaux ;
Durabilité : mise en place de solutions respectueuses de l’environnement et viables dans le temps.
Exemples d’actions
Aménagement d’espaces publics favorables à la santé (parcs, mobilités actives, sécurité des déplacements) ;
Promotion d’un habitat sain et amélioration de l’accès aux services essentiels ;
Soutien à l’activité physique et à une alimentation équilibrée ;
Lutte contre les pollutions et adaptation au changement climatique ;
Renforcement de la prévention et des actions de santé de proximité.
Mise en œuvre
La démarche s’appuie sur cinq étapes clés :
Diagnostic territorial et identification des inégalités ;
Mobilisation des acteurs et partenariats intersectoriels ;
Co-construction d’un plan d’action avec des objectifs mesurables ;
Pilotage, suivi des indicateurs et communication ;
Évaluation continue et adaptation des actions.
L’Évaluation d’Impact sur la Santé (EIS) est une démarche structurée qui permet d’anticiper et d’analyser les effets potentiels d’un projet, d’une politique ou d’un programme sur la santé des populations. Elle prend en compte l’ensemble des déterminants de santé, qu’ils soient sociaux, économiques ou environnementaux.
Objectifs
L’EIS vise à :
Identifier les impacts potentiels sur la santé, qu’ils soient positifs ou négatifs ;
Formuler des recommandations opérationnelles pour renforcer les effets bénéfiques et limiter les risques identifiés ;
Éclairer la décision publique, en intégrant les enjeux de santé dans les politiques et en contribuant à réduire les inégalités sociales de santé.
Principes de mise en œuvre
La démarche repose sur plusieurs principes fondamentaux :
L’intersectorialité, qui consiste à intégrer la santé dans l’ensemble des politiques publiques ;
La participation, en associant les acteurs concernés ainsi que les populations impactées ;
La proportionnalité, avec une analyse adaptée à l’ampleur et aux enjeux du projet ;
La transparence et l’appui sur des données probantes, garantissant la qualité et la crédibilité des résultats.
